038 - Gabriele Münter, homme lisant un journal, 1926

Gabriele Münter, homme lisant un journal, 1926

038 - Gabriele Münter, homme lisant un journal, 1926

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Homme lisant un journal, 12 février 1926 « Dans la décennie entre 1920 et 1930, je n’ai pas eu une période de peinture fructueuse. J'ai vécu de manière irrégulière ici et là, tantôt dans ma maison à Murnau, tantôt dans des chambres d'hôtes, tantôt en tant qu'invité d'amis et de parents. Je n'ai pas eu de studio pendant des années. Le carnet de croquis était mon ami et les dessins étaient le reflet de mes expériences visuelles. Surtout à l’époque, ce qui m’intéressait le plus, c’était les gens. Aux concerts, à table, dans le train, je les observais et les dessinais le plus souvent en cachette. […] Les croquis, s'ils ont été réalisés dans un 5 à 7, ont été réalisés dans la foulée. Ils contenaient ce que j’avais à dire et n’avaient besoin de rien d’autre pour être une image. Une image aussi sommaire, comme l'a décrit Gabriele Münter dans la citation que nous venons d'entendre, est « L'homme lisant le journal » de 1926. Comme beaucoup d'autres dessins des années 1920, il ne reflète qu'une attitude ou une humeur intérieure lorsqu'on y regarde de plus près. Un homme est assis, les jambes légèrement croisées, dans un large fauteuil, appuyé sur les accoudoirs et lisant un journal. Le journal couvre en grande partie son corps et son visage n'est visible que par le nez. Le regard concentré à travers les lentilles semble focalisé sur ce qui est lu. Münter décrit cette observation, ou « l’expérience oculaire », comme elle l’appelle, avec des lignes descriptives succinctes, sans dessins internes ni ombrages. La ligne brisée suggère plus qu'elle ne montre réellement ; l'art de l'omission permet à Münter, notamment dans ses dessins, de capter l'essentiel et de le réduire à quelques personnages. Münter écrivait à ce sujet en 1952 : « Le dessin lui-même est une nette transformation de la réalité. Il sépare plus librement l'essentiel de la masse des impressions et les présente plus clairement ; en un mot, il est plus abstrait dans son énoncé. Tout comme l’homme derrière le journal s’est retiré de son environnement, sa physicalité reste piégée dans le contour fermé et fermée à la vue de l’extérieur. Münter saisit cette situation avec sensibilité et l'exprime avec sa malice caractéristique à travers un point presque imperceptible.